FAITS DIVERS. CAMBRIOLAGE À MOINS D'UN MOIS DU DÉBUT DE LA CAMPAGNE D'HIVER

Les Restos encore attaqués

Des cambrioleurs ont dérobé un coffre contenant de l'argent et des chéquiers. Indignation et incompréhension.
L'alarme s'est déclenchée à 5 h 30 hier. Un quart d'heure plus tard, les policiers étaient sur place au 5 rue de la Garde à Nantes.

L'adresse abrite le siège de l'association départementale des Restos du coeur.
Un vaste bâtiment servant d'entrepôt de stockage et de bureaux.
Le centre névralgique de l'association qui distribue chaque hiver plus de 2 millions de repas à quelque 20 000 bénéficiaires.
Sur place, la patrouille ne découvre personne. Juste le portail de l'entrepôt éventré. Les malfrats l'ont forcé avec un véhicule.
Puis ils sont montés à l'étage.

« Ils ont visité tous les bureaux mais n'ont volé qu'un coffre-fort », relate Pierre Poupard, le président de l'association. Massif, le coffre a été jeté dans les escaliers avant d'être transporté à l'extérieur à l'aide d'un transpalette. À l'intérieur du coffre : un millier d'euros en liquide, des chéquiers et des documents.

Les cambrioleurs n'ont, en revanche, pas touché aux denrées alimentaires. Un moindre mal.
« Cela aurait pu être catastrophique, à moins d'un mois du lancement de la campagne d'hiver, concède Pierre Poupard qui entendait bien porter plainte.

Les salariés et les bénévoles sont choqués. Mais plus que la colère, c'est l'incompréhension qui domine.
Pourquoi une association comme la nôtre, qui vient en aide aux plus démunis, est visée par une telle attaque ? »

D'autant que ce n'est pas une première. En décembre 2009, 300 jouets neufs avaient été volés à quelques jours de Noël. Le printemps suivant, c'est le centre de Clisson qui avait vu son stock de
nourriture délesté d'une quarantaine de kilos.

« Je comprends que des gens aux abois puissent en arriver à de telles extrémités. Mais voler l'aide humanitaire, c'est assez paradoxal. » Le cambriolage et les dégradations n'ont pas empêché les équipes des Restos de se remettre aussitôt au travail.
La campagne s'ouvre le 30 novembre.

Rémi Certain ■